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L’herbe sous nos pieds : pourquoi les terres de parcours naturels sont essentielles

Ibrahima Ndiaye by Ibrahima Ndiaye
19 août 2026
in A la une, Actualités, Afrique, Economie, Environnement, Guinée, International, Mines, Politique, Santé, Sécurité, Societé, Transports
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L’herbe sous nos pieds : pourquoi les terres de parcours naturels sont essentielles
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Climat et environnement — Des vastes steppes de Mongolie aux zones arides d’Afrique et d’Asie centrale, les terres de parcours naturels constituent un pilier souvent sous-estimé de la sécurité alimentaire et des moyens de subsistance de millions de personnes. Mais ces écosystèmes sont aujourd’hui confrontés à une pression croissante liée au changement climatique, à la désertification et à la sécheresse.

Alors qu’une conférence internationale consacrée à la désertification s’est ouverte à Oulan-Bator, en Mongolie, les discussions mettent en lumière l’urgence d’accélérer les actions contre la dégradation des terres et de mieux protéger les communautés qui en dépendent.

Selon les données présentées par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), près de 77 % des terres de Mongolie sont aujourd’hui dégradées, menaçant directement les pâturages et les moyens de subsistance des éleveurs.

Deux milliards de personnes dépendent des parcours naturels

Présents sur tous les continents, à l’exception de l’Antarctique, les parcours naturels regroupent notamment les prairies, les terres arbustives et les zones arides qui ne sont pas destinées à l’agriculture conventionnelle.

Ces espaces jouent pourtant un rôle déterminant dans les systèmes alimentaires mondiaux. Environ deux milliards de personnes en dépendent pour leur alimentation, leur élevage et leurs revenus. Ils fournissent également près de 70 % de l’alimentation du bétail à l’échelle mondiale.

Mais jusqu’à 40 % de ces terres seraient déjà dégradées ou menacées, sous l’effet combiné de la sécheresse, du surpâturage et d’une gestion insuffisante.

La dégradation d’un pâturage ne constitue donc pas seulement un problème environnemental. Elle peut entraîner la diminution des troupeaux, la baisse des revenus des éleveurs, la hausse des difficultés alimentaires et, à terme, fragiliser des communautés entières.

Botswana : les savoirs locaux comme outil de résilience

Au Botswana, les terres de parcours occupent une place majeure dans l’économie nationale. Elles soutiennent notamment l’élevage bovin et participent au développement du tourisme lié à la faune sauvage.

Une récente évaluation nationale des écosystèmes a toutefois mis en évidence une situation préoccupante. Les prairies reculent face à la progression des plantes envahissantes, tandis que les sécheresses deviennent plus fréquentes et plus intenses.

L’étude apporte néanmoins un enseignement encourageant : les zones où les pratiques traditionnelles et communautaires de gestion des terres demeurent fortes présentent une meilleure capacité de résistance.

Cette expérience montre l’importance d’intégrer les connaissances des communautés locales dans les politiques de restauration et de protection des écosystèmes.

Kazakhstan : le lourd héritage de la mer d’Aral

En Asie centrale, le Kazakhstan illustre les conséquences à grande échelle de la dégradation environnementale. La disparition d’une grande partie de la mer d’Aral, autrefois quatrième plus grand lac du monde, a laissé derrière elle un vaste désert salé couvrant environ 5,4 millions d’hectares.

Dans la région de Kyzylorda, plus de 80 % des pâturages sont aujourd’hui considérés comme dégradés. Les tempêtes de poussières et de sel issues de l’ancien fond marin peuvent parcourir de longues distances, affectant les sols, les populations et les activités économiques.

Face à cette situation, des programmes de restauration sont mis en œuvre. La replantation de saxaouls sur l’ancien fond de la mer d’Aral couvre déjà 337 000 hectares, avec un objectif de 1,1 million d’hectares d’ici 2030.

Kenya : quand le désert gagne du terrain

Dans le nord du Kenya, le comté de Marsabit est confronté à une autre manifestation de la dégradation des terres. Les données satellitaires recueillies depuis 1990 montrent une progression des zones stériles au détriment des prairies.

Dans le désert de Chalbi, cette évolution menace directement les communautés pastorales dont les troupeaux dépendent des pâturages naturels.

Les projections indiquent que, sans intervention, le désert pourrait encore s’étendre au cours des prochaines décennies.

Pour répondre à cette menace, les scientifiques croisent les données satellitaires avec les connaissances des populations locales. Les témoignages des anciens permettent notamment de comprendre l’évolution des paysages et d’identifier des pratiques susceptibles de favoriser leur restauration.

Des ouvrages de gestion des eaux de crue, des parcelles expérimentales de restauration de la végétation et des formations destinées aux communautés font partie des solutions développées.

La science et les connaissances traditionnelles au cœur des solutions

Du Botswana au Kazakhstan en passant par le Kenya, une même approche se dégage : la restauration des terres ne peut être efficace sans associer les données scientifiques à l’expérience des populations locales.

Au Botswana, plus de 2 000 contributeurs issus des institutions publiques, du monde scientifique et des communautés détentrices de savoirs traditionnels ont participé à l’évaluation nationale des écosystèmes.

Au Kazakhstan, les travaux sur les interactions entre climat, eau et terres orientent les programmes de restauration des pâturages et les politiques d’irrigation.

Au Kenya, plus de trois décennies de données satellitaires sont confrontées à la mémoire environnementale des communautés pastorales afin de mieux comprendre l’évolution des territoires.

Une urgence mondiale

Malgré les différences entre ces régions, le constat est similaire : la santé des terres de parcours est directement liée à la sécurité alimentaire, à la résilience climatique et à la survie économique de millions de personnes.

La restauration des terres demande du temps, mais aussi une participation réelle des populations qui les utilisent et les connaissent depuis des générations.

Les données scientifiques permettent de mesurer l’ampleur des changements. Les connaissances locales permettent, elles, de comprendre les réalités du terrain et d’identifier des réponses adaptées.

À Oulan-Bator, où s’est ouverte la COP17 sur la désertification, ces expériences du Botswana, du Kazakhstan et du Kenya illustrent les défis auxquels la communauté internationale doit répondre : lutter contre la dégradation des terres et la désertification tout en protégeant les moyens de subsistance des populations.

La protection des parcours naturels apparaît ainsi comme un enjeu environnemental, économique et social majeur. Préserver l’herbe sous les pieds des éleveurs, c’est aussi préserver leur avenir.#Climat #Environnement #Désertification #DégradationDesTerres #TerresDeParcours #Pâturages #Sécheresse #ChangementClimatique #Mongolie #Botswana #Kazakhstan #Kenya #Afrique #AsieCentrale #PNUD #FAO #COP17 #Biodiversité #Élevage #SécuritéAlimentaire #RestaurationDesTerres #DéveloppementDurable #RésilienceClimatique #Nature

 

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