UN Photo/UNITAD Un charnier, contenant sans doute des victimes de Daech, est découvert dans la province d’Anbar, dans l’ouest de l’Iraq (photo d’archives).
29 juin 2026 Paix et sécurité
Face à un terrorisme qui évolue avec les crises mondiales et les nouvelles technologies, le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a appelé lundi les États membres à renforcer leur coopération et à placer la prévention, les droits humains et l’action collective au cœur de la réponse internationale.
« Chacun d’entre vous réunis ici aujourd’hui porte une responsabilité exceptionnelle : contribuer à diriger la réponse mondiale au terrorisme », a déclaré le chef de l’ONU à l’ouverture de la quatrième Conférence de haut niveau des chefs des agences nationales de lutte contre le terrorisme, organisée à New York sous l’égide des Nations Unies.
Des conditions propices
Cette conférence, qui marque le lancement de la quatrième Semaine de lutte contre le terrorisme de l’ONU, intervient alors que « le monde traverse une période d’instabilité aiguë », selon M. Guterres. Conflits, déplacements forcés, hausse des températures, inflation et insécurité alimentaire créent, a-t-il averti, des conditions propices à l’expansion des groupes terroristes.
« Ces conditions – de manque, de fragilité, de méfiance – sont des circonstances idéales pour que la terreur prospère », a-t-il souligné.
De l’Afrique à l’Asie du Sud, en passant par le Moyen-Orient, les affiliés d’Al-Qaïda et de Daech ainsi que d’autres groupes extrémistes continuent d’opérer, a rappelé António Guterres. Il a également mis en garde contre la montée de récits extrémistes violents fondés sur la xénophobie, le racisme, l’intolérance ou instrumentalisant la religion.
Selon lui, les groupes terroristes « s’adaptent » en exploitant les failles de gouvernance, les inégalités et les conflits, mais aussi les avancées technologiques.

© ONUC/UNC Dans le cadre d’un exercice organisé par la Jordanie, des employés de l’ONU participent à une formation à la décontamination à la suite d’une simulation d’attaque terroriste.
Les nouvelles technologies
L’intelligence artificielle, les plateformes numériques et les armes autonomes offrent de nouvelles possibilités aux réseaux terroristes pour recruter, financer leurs activités et planifier des attaques.
Mais ces mêmes technologies peuvent également devenir des outils de prévention, a-t-il estimé, en permettant notamment de détecter plus tôt les menaces, de lutter contre les flux financiers illicites et de mieux comprendre les mécanismes de radicalisation.
À l’occasion du vingtième anniversaire de la Stratégie antiterroriste mondiale des Nations Unies, le Secrétaire général a appelé à renforcer quatre priorités : la prévention, la coopération, la technologie et l’attachement aux valeurs fondamentales de l’ONU.
La prévention doit notamment passer par la lutte contre la pauvreté, la discrimination et l’exclusion, a-t-il insisté. « Ces injustices ne justifient pas le terrorisme. Rien ne le justifie. Mais elles peuvent créer des vulnérabilités que les groupes terroristes s’empressent d’exploiter », a-t-il déclaré.
Place centrale des victimes
Pour António Guterres, un monde plus égalitaire est aussi un monde plus sûr. Cela implique de renforcer les opportunités économiques, la participation des femmes et des jeunes, le rôle de la société civile et les initiatives locales de consolidation de la paix.
Le chef de l’ONU a également insisté sur la place centrale des victimes du terrorisme, dont les témoignages sont essentiels pour contrer les discours de haine et reconstruire la confiance.
« Notre réponse doit être enracinée dans les principes mêmes que le terrorisme cherche à détruire : la justice, la dignité humaine et la solidarité », a-t-il déclaré.
Tout en appelant à une lutte ferme contre le terrorisme, António Guterres a mis en garde contre des mesures antiterroristes excessives ou contraires aux droits humains, qui pourraient selon lui renforcer les divisions et alimenter les facteurs de radicalisation.
« Le terrorisme évolue, et nous devons évoluer avec lui », a conclu le Secrétaire général, appelant les États membres, la société civile, les jeunes, les victimes et le secteur privé à unir leurs efforts pour construire « un monde plus sûr, où chacune et chacun puisse vivre à l’abri de la peur ».
