Après des mois d’incertitude et de tensions dans le golfe Persique, l’Organisation maritime internationale (OMI) a annoncé mardi le lancement d’une vaste opération pour permettre l’évacuation de plus de 11 000 marins bloqués dans la région, à la suite de l’accord conclu entre les États-Unis et l’Iran.
« Après des mois de difficultés et de détresse pour des milliers de gens de mer innocents, et des conséquences négatives pour le monde entier, je salue avec une profonde satisfaction l’accord de paix conclu entre les États-Unis et l’Iran », a déclaré le Secrétaire général de l’OMI, Arsenio Dominguez dans un communiqué de presse. Selon lui, cet accord constitue « une étape décisive » pour rétablir la sécurité maritime et mettre fin aux attaques contre les navires civils.
L’agence onusienne a indiqué que l’opération serait menée en étroite coordination avec l’Iran, Oman, les autres États riverains du golfe, les États-Unis et les acteurs du secteur maritime. « Nous avons obtenu les garanties de sécurité nécessaires et vérifié de manière approfondie les conditions permettant une navigation sûre », a précisé M. Dominguez.
Des navires attaqués
Cette annonce intervient après plusieurs mois de perturbations dans l’un des corridors maritimes les plus stratégiques au monde. Le détroit d’Ormuz, passage étroit reliant le golfe Persique au golfe d’Oman, concentre une part majeure du commerce mondial de l’énergie : avant le conflit, environ un cinquième du pétrole mondial et une importante quantité de gaz naturel y transitaient.
L’Iran a attaqué des navires commerciaux pendant le conflit qui l’a opposé aux Etats-Unis et à Israël, dissuadant les compagnies maritimes de traverser le détroit. Ces navires sont restés à l’arrêt dans le Golfe, avec leurs équipages à bord, pendant plus de trois mois.
Selon l’OMI, 46 navires commerciaux ont été attaqués pendant la période de conflit, faisant 14 victimes parmi les marins. « Leur engagement au service du commerce mondial ne sera pas oublié », a déclaré M. Dominguez en rendant hommage aux membres d’équipage disparus.
Selon la presse, près de 600 navires seraient encore immobilisés dans le golfe Persique, leurs équipages restant à bord dans l’attente de garanties suffisantes pour reprendre leur route. Si le trafic maritime a commencé à reprendre depuis l’ouverture de discussions entre Washington et Téhéran, il demeure inférieur aux niveaux observés avant la crise.
De nombreux armateurs attendent un signe clair indiquant qu’il est sans danger de franchir le détroit. Les discussions sur l’avenir du détroit d’Ormuz restent toutefois sensibles, après des déclarations iraniennes évoquant la possibilité de nouvelles modalités d’accès. Avant la guerre, les navires ne payaient ni frais ni péages pour passer.
Pour l’OMI, la priorité reste claire : assurer la sécurité des gens de mer et garantir la continuité du commerce mondial
