En mars 1950, une image empreinte de simplicité et de symbolisme immortalise un moment singulier de l’histoire des Nations Unies. Trygve Lie, premier Secrétaire général de l’ONU, y apparaît guidant son petit-fils âgé de seulement trois ans à travers les couloirs du siège de l’Organisation à New York. Une scène intime, presque familiale, au cœur d’une institution appelée à façonner l’ordre mondial d’après-guerre.
Ce cliché, aujourd’hui chargé d’émotion et de sens, rappelle l’humanité de ceux qui ont porté sur leurs épaules les lourdes responsabilités de la gouvernance mondiale. Élu en 1946, Trygve Lie, homme politique norvégien, a été le tout premier à occuper le poste de Secrétaire général des Nations Unies, dans un contexte international marqué par les séquelles de la Seconde Guerre mondiale et les prémices de la guerre froide.

Ce dimanche marque le 80ᵉ anniversaire de son élection à la tête de l’Organisation. Un jalon important qui invite à revisiter son héritage, fait de diplomatie difficile, de médiation permanente et de défense du multilatéralisme comme voie incontournable pour la paix et la coopération entre les peuples.
En 1953, au moment de passer le flambeau, Trygve Lie résumait avec une lucidité teintée d’humour la complexité de la mission onusienne. Accueillant son successeur, Dag Hammarskjöld, il lui lança cette phrase devenue célèbre : « Bienvenue, Dag Hammarskjöld, au travail le plus impossible au monde ».
Plus de sept décennies plus tard, ces mots résonnent encore avec force. Ils rappellent que, malgré les défis et les crises successives, l’ONU demeure un espace essentiel de dialogue et d’espoir, porté par des hommes et des femmes conscients du poids de l’histoire… et de la responsabilité envers les générations futures.

