Conakry, 12 février 2026 – Alors que la Guinée consolide sa position parmi les principaux producteurs d’or en Afrique de l’Ouest, un contentieux juridique d’envergure vient assombrir les perspectives du secteur. Le litige oppose Sycamore Mine Guinea S.A.U. à un ancien actionnaire, dans un contexte où sa société mère, Robex Resources Inc., finalise une opération de fusion stratégique destinée à renforcer sa présence sur le continent africain.
Une fusion sans impact annoncé sur les opérations locales
Malgré les tensions juridiques, un responsable senior impliqué dans l’opération de fusion a assuré que celle-ci n’aura aucun impact sur l’évolution des activités en Guinée. Selon lui, chaque entité conserve son autonomie opérationnelle et poursuit ses projets de manière indépendante, garantissant ainsi la continuité des engagements et investissements dans le pays.
Un schéma familier : les échos du scandale Hummingbird/Nassa
Cette affaire rappelle, pour certains observateurs, le précédent scandale Hummingbird/Nassa, marqué par des flux d’or contestés et des rapports financiers jugés opaques. Le litige actuel présente des similitudes notables :
• États financiers contestés : allégations de déclarations inexactes ou trompeuses concernant la valeur et la durée de vie des actifs miniers.
• Manque de transparence : dissimulation présumée d’informations financières critiques, dont une obligation fiscale estimée à 90 millions de dollars envers l’État malien.
• Réactions politiques et judiciaires : risques de procédures civiles et d’enquêtes pénales dans plusieurs juridictions.
Le litige Sycamore : des accusations de fraude présumée
Le 5 décembre 2025, une demande officielle de paiement portant sur plusieurs dizaines de millions de dollars a été déposée à Conakry contre Sycamore Mine Guinea S.A.U. Les dommages-intérêts sont réclamés par un ancien actionnaire, qui accuse la société :
• d’avoir fait de fausses déclarations intentionnelles concernant la durée de vie de la mine de Nampala (Mali) ;
• d’avoir dissimulé des informations financières essentielles, notamment une obligation fiscale envers le gouvernement malien ;
• d’avoir sous-évalué des actifs miniers guinéens, causant un préjudice aux investisseurs.
Par ailleurs, une plainte a été enregistrée au Mali par le Pôle national économique et financier sous le numéro 828 du 28 juin 2024.
Si ces accusations étaient confirmées, elles pourraient constituer des infractions pénales graves, engageant à la fois la responsabilité civile des sociétés concernées et la responsabilité pénale de certains dirigeants.
Une expansion stratégique fragilisée ?
Le litige soulève plusieurs interrogations quant à ses répercussions potentielles sur la fusion en cours :
• Risque de retard ou d’annulation de l’opération
• Révision à la baisse de la valorisation
• Atteinte à la réputation du groupe
• Renforcement du contrôle réglementaire
Toutefois, la direction affirme que ces risques n’affectent pas les activités en Guinée, chaque entité continuant à gérer ses opérations locales de manière autonome.
Un appel à la transparence
Dans un contexte où la crédibilité du secteur aurifère demeure fragile, les observateurs appellent à une clarification rapide des faits. Il est jugé essentiel que les entreprises concernées fassent preuve de transparence et coopèrent pleinement avec les autorités compétentes.
Les autorités guinéennes, de leur côté, sont invitées à conduire une enquête approfondie afin de préserver les intérêts des investisseurs, des partenaires locaux et de l’État, et de garantir que le secteur minier évolue conformément aux standards les plus stricts de gouvernance et de responsabilité.
⸻
