Selon le rapport sur les tendances mondiales des médias publié par l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), près de 67 % des internautes dans le monde déclarent avoir déjà été confrontés à des discours haineux en ligne. Un chiffre préoccupant qui met en lumière l’ampleur d’un phénomène devenu structurel dans l’écosystème numérique mondial.
À l’ère des réseaux sociaux et de la circulation instantanée de l’information, les plateformes numériques sont devenues des espaces centraux de débat public. Toutefois, le rapport souligne que ces espaces sont de plus en plus pollués par des propos haineux, discriminatoires ou violents, visant notamment des minorités, des femmes, des journalistes et des acteurs de la société civile.
Une menace directe pour l’information et la cohésion sociale
L’UNESCO avertit que la banalisation des discours de haine en ligne représente une menace directe pour l’intégrité de l’information, la liberté d’expression et la cohésion sociale. Lorsque la violence verbale domine les échanges numériques, elle fragilise la confiance du public dans les médias, décourage la participation citoyenne et favorise la désinformation.
Le rapport met également en évidence un lien croissant entre les discours haineux en ligne et leurs répercussions hors ligne, notamment en matière de tensions sociales, de stigmatisation et parfois de violences physiques. Dans ce contexte, l’espace numérique cesse d’être un outil d’émancipation pour devenir un facteur d’exclusion.
Des espaces numériques à repenser
Face à cette réalité, l’UNESCO appelle à la création d’espaces numériques sûrs, inclusifs et responsables. L’organisation plaide pour un équilibre entre la protection de la liberté d’expression et la lutte contre les abus, à travers des politiques de modération plus efficaces, une responsabilisation accrue des plateformes numériques et un renforcement de l’éducation aux médias et à l’information.
Pour l’institution onusienne, la lutte contre les discours haineux ne peut être menée de manière isolée. Elle nécessite une action concertée entre États, entreprises technologiques, médias, organisations de la société civile et citoyens.
Un enjeu mondial
Dans un monde de plus en plus connecté, la qualité du débat public en ligne conditionne la vitalité démocratique et la paix sociale. Le message de l’UNESCO est clair : protéger l’intégrité de l’information et garantir des espaces numériques sûrs n’est plus une option, mais une nécessité mondiale.

