Conakry, 26 février 2026 – Lors d’une conférence de presse tenue ce jeudi 26 février, le ministre des Affaires étrangères de la République de Guinée a livré une déclaration qui marque un tournant dans le discours diplomatique guinéen. Devant la presse nationale et internationale, il a assumé une position claire sur un accord controversé et sur la nature des relations entre la Guinée et ses partenaires européens.
« Nous allons revoir l’accord que nous n’avons pas signé, mais que nous avons subi », a-t-il affirmé sans détour. Une phrase forte, qui reconnaît publiquement l’existence d’un déséquilibre dans un engagement antérieur et annonce la volonté de le réexaminer. Pour de nombreux observateurs, cette déclaration tranche avec les formulations diplomatiques habituelles et pose les bases d’une renégociation assumée.
Dans la même intervention, le chef de la diplomatie guinéenne a ajouté : « Nous avons besoin de l’Europe et l’Europe a besoin de nous. C’est du donnant-donnant. » Par ces mots, il a posé le principe d’un partenariat fondé sur la réciprocité et l’égalité des intérêts. Une approche qui se veut pragmatique : reconnaître l’interdépendance tout en revendiquant un équilibre dans les engagements.
Vers une renégociation structurée
Parmi les annonces majeures figurent la mise en place d’une commission d’enquête bilatérale, la révision des dispositions jugées inacceptables et la volonté de redéfinir le cadre de coopération. Ces engagements, désormais publics, placent le gouvernement face à l’exigence de résultats concrets.
Cette séquence intervient dans un contexte où la Guinée dispose d’atouts stratégiques importants. Le pays détient la première réserve mondiale de bauxite et renforce sa position dans le secteur des ressources critiques, notamment à travers des accords stratégiques récents avec des partenaires internationaux, dont les États-Unis. Par ailleurs, les ressortissants guinéens contribuent activement aux économies européennes, notamment dans les secteurs du bâtiment, de la santé, du transport et de la logistique.
Transformer la migration en levier de partenariat
Au cœur des discussions figure également la question migratoire. Des propositions sont avancées pour structurer des programmes de formation professionnelle adaptés aux besoins des pays d’accueil, favoriser des migrations légales et qualifiées, et offrir des perspectives de retour dignes et valorisantes. L’objectif affiché est de transformer une problématique sensible en opportunité de coopération mutuellement bénéfique.
Dans cette dynamique, plusieurs voix appellent à une large consultation nationale. L’implication des Guinéens de l’intérieur comme de la diaspora est perçue comme essentielle pour enrichir les réflexions et renforcer la légitimité des décisions à venir. Experts, acteurs économiques et membres de la société civile pourraient ainsi contribuer à bâtir une stratégie concertée.
Une nouvelle posture diplomatique
Au-delà des annonces techniques, la conférence du 26 février symbolise une volonté de repositionnement. La Guinée entend négocier « debout », défendre ses intérêts tout en proposant des solutions constructives. Le message est clair : il ne s’agit ni de rupture ni de confrontation, mais d’une redéfinition équilibrée des termes du partenariat.
Reste désormais à traduire les engagements en actes mesurables. La crédibilité de cette nouvelle posture dépendra de la capacité des autorités à conduire la renégociation annoncée avec transparence et efficacité.
Une chose est certaine : ce 26 février 2026 restera comme le jour où la diplomatie guinéenne a publiquement affirmé son ambition de passer d’une logique subie à une logique proposée.

