Devant le Conseil de sécurité, le chef de l’ONU appelle à une désescalade immédiate au Moyen-Orient

ONU Info
Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, s’adresse à la réunion du Conseil de sécurité sur l’Iran.

S’adressant au Conseil de sécurité samedi, le Secrétaire général de l’ONU a averti que l’escalade militaire au Moyen-Orient constitue une « grave menace pour la paix et la sécurité internationales », structurant son intervention autour de « trois axes : les principes, les faits et la voie à suivre ».

António Guterres a rappelé que la Charte des Nations Unies demeure le fondement essentiel du maintien de la paix et de la sécurité internationales, citant son Article 2, qui dispose que « tous les Membres s’abstiennent, dans leurs relations internationales, de recourir à la menace ou à l’emploi de la force contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de tout État ».

Il a insisté sur le fait que le droit international et le droit international humanitaire « doivent toujours être respectés ».

Le chef de l’ONU a indiqué avoir condamné « les frappes militaires massives menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran », ainsi que les attaques iraniennes ultérieures violant la souveraineté et l’intégrité territoriale de Bahreïn, de l’Iraq, de la Jordanie, du Koweït, du Qatar, de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis.

Une situation « de plus en plus volatile et imprévisible »

Il a averti que l’action militaire pourrait déclencher « une chaîne d’événements que personne ne peut maîtriser dans la région la plus volatile du monde ».

« La situation sur le terrain est très fluide », a déclaré le Secrétaire général, faisant état de « nombreux rapports non confirmés ».

Dressant un état des lieux devant le Conseil, le Secrétaire général a indiqué qu’une vingtaine de villes iraniennes auraient été visées, dont Téhéran, Ispahan, Qom, Shahriar et Tabriz. À Téhéran, de fortes explosions ont été signalées dans un quartier comprenant le palais présidentiel et le complexe du Guide suprême.

Plusieurs hauts responsables auraient été tués, y compris — selon des sources israéliennes — le Guide suprême iranien, Ali Khamenei, une information que le Secrétaire général a indiqué « ne pas être en mesure de confirmer ».

Les frappes auraient causé d’importantes pertes civiles, notamment la mort d’au moins 85 personnes dans une école de jeunes filles à Minab, dans la province de Hormogan, ainsi que deux décès signalés dans une école à Téhéran. L’espace aérien iranien a été fermé et le pays connaît une quasi-coupure totale d’internet.

Une réunion diplomatique au Conseil de sécurité des Nations unies avec des délégués assis autour d'une grande table circulaire.
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Les diplomates se réunissent au Conseil de sécurité de l’ONU pour discuter de la crise en Iran et dans la région du Moyen-Orient.

« L’action militaire s’étend rapidement à l’ensemble de la région, créant une situation de plus en plus volatile et imprévisible et accentuant le risque d’erreur de calcul », a-t-il averti.

M. Guterres a indiqué que, selon des sources israéliennes, quatre-vingt-neuf personnes auraient été blessées lors des frappes iraniennes ultérieures sur Israël et que des impacts avaient également été signalés en Cisjordanie occupée. Il a également rapporté que l’Iran avait annoncé avoir ciblé des installations militaires américaines dans la région en réaction aux frappes américaines et israéliennes, qui auraient touché des zones civiles et des infrastructures dans plusieurs pays mentionnés précédemment. Des retombées indirectes de débris ont aussi été signalées au Liban et en Syrie.

La plupart des États du Golfe auraient intercepté les frappes iraniennes ; toutefois, les Émirats arabes unis ont fait état de la mort d’un civil causée par des débris provenant d’un missile intercepté, a affirmé le chef de l’ONU. En Iraq, des informations font état d’attaques de drones et de missiles des deux côtés. Il a également indiqué que des rapports faisaient état d’une possible fermeture du détroit d’Ormuz au trafic maritime international.

Une occasion diplomatique « gâchée »

Soulignant que les frappes sont intervenues après un troisième cycle de pourparlers indirects entre les États-Unis et l’Iran sous médiation omanaise, alors que des discussions techniques étaient prévues à Vienne la semaine prochaine.

« Je regrette profondément que cette occasion diplomatique ait été gâchée », a déclaré le Secrétaire général.

Appelant à une désescalade et à une cessation immédiate des hostilités, M. Guterres a déclaré : « La région et le monde ont besoin d’une issue, maintenant ».

« Pas d’alternative viable » à la paix

« Il n’y a pas d’alternative viable au règlement pacifique des différends internationaux », a-t-il insisté, exhortant toutes les parties à revenir immédiatement à la table des négociations, notamment sur le programme nucléaire iranien.

Le chef de l’ONU a conclu en appelant les États Membres à respecter strictement leurs obligations en vertu du droit international, y compris la Charte des Nations Unies, à protéger les civils conformément au droit international humanitaire et à garantir la sûreté nucléaire : « Agissons ensemble, de manière responsable, pour sauver la région et le monde du précipice. »
 

Retrouvez l’ensemble des déclarations des États membres lors de cette réunion d’urgence sur l’Iran dans la couverture en direct assurée par la Section de la couverture des réunions des Nations Unies.

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