Conakry – À l’occasion d’une rencontre de haut niveau réunissant partenaires institutionnels, investisseurs et acteurs du secteur privé, le Premier ministre guinéen, Bah Oury, a livré un discours structurant, mêlant analyse géopolitique, références historiques et vision stratégique pour l’avenir économique de la République de Guinée.
D’emblée, le chef du gouvernement a souhaité la bienvenue aux participants, soulignant la portée symbolique de cette rencontre qui dépasse le cadre d’un simple forum économique. « Ce moment est un symbole », a-t-il insisté, avant d’introduire deux axes de réflexion majeurs.
Un monde en recomposition, une opportunité à saisir
Revenant sur le contexte international marqué par des bouleversements profonds, Bah Oury a évoqué une forme de « destruction créatrice », concept emprunté à la dynamique de transformation des systèmes économiques. Selon lui, les crises actuelles, bien que génératrices d’incertitudes, offrent également des opportunités pour repenser les modèles de développement.
Dans ce climat global instable, il a appelé à la lucidité et à l’action : « L’avenir ne se prévoit pas, il se construit ». Une invitation à élaborer dès aujourd’hui des solutions concrètes, adaptées aux contraintes et aux mutations du monde contemporain.
Une vision ancienne, d’une étonnante actualité
Dans une seconde digression, le Premier ministre a rappelé les travaux prospectifs de Roland Pré, ancien gouverneur de la Guinée dans les années 1950, auteur d’un fascicule intitulé L’avenir de la Guinée. Ce document, selon Bah Oury, mettait déjà en lumière le potentiel économique du pays, notamment dans les domaines énergétique, agricole et minier.
Il a notamment évoqué la pertinence des idées de co-construction et de co-industrialisation entre la Guinée et la France, dans un esprit de partenariat équilibré. Une vision qui, à ses yeux, reste d’actualité face aux enjeux contemporains, notamment dans le secteur stratégique de la bauxite et des ressources minières.
Une Guinée prête à accueillir les investisseurs
Recentrant son propos sur l’actualité, Bah Oury a affirmé que la Guinée est aujourd’hui prête à accueillir des investisseurs de tous horizons, forte de son potentiel et de sa volonté de bâtir une économie robuste et résiliente. Il a rappelé les liens historiques avec la France, qualifiée de partenaire majeur, tout en insistant sur la nécessité d’un partenariat renouvelé, basé sur des intérêts mutuels.
Dans un contexte de compétition accrue pour l’accès aux matières premières, le Premier ministre a souligné que la Guinée entend jouer pleinement son rôle sur la scène internationale.
Une transformation impulsée par le président Doumbouya
Sous l’impulsion du président Mamadou Doumbouya, le pays s’est engagé dans une refondation institutionnelle et économique ambitieuse. Bah Oury a insisté sur une approche pragmatique, loin des discours idéologiques : « Nous voulons construire une économie capable de répondre aux besoins réels de notre population ».
Dans cette dynamique, le projet minier de Simandou occupe une place centrale. À travers le programme « Simandou 2040 », il est présenté comme un levier majeur de transformation structurelle du pays.
Un cap institutionnel en voie de stabilisation
Le Premier ministre a également évoqué les avancées politiques en cours, notamment l’organisation prochaine des élections législatives et communales, après le référendum constitutionnel. Ces étapes devraient permettre de restaurer un ordre institutionnel complet, favorable à l’investissement et à la croissance.
Enfin, Bah Oury a exprimé sa reconnaissance envers les partenaires techniques et financiers, notamment Bpifrance, pour leur soutien dans le financement des infrastructures stratégiques.
À travers ce discours, le Premier ministre guinéen trace les contours d’une Guinée en mutation, résolument tournée vers l’action, la coopération et la valorisation de ses immenses potentialités. Un message clair : dans un monde en recomposition, le pays entend s’imposer comme un acteur crédible et attractif.

