États-Unis : un comité de l’ONU dénonce les « discours de haine racistes »

© UNSPLASH/Clay Banks
Black Lives Matter est un mouvement né aux Etats-Unis en réaction aux violences policières et aux préjugés raciaux dans le maintien de l’ordre.

 Droits de l’homme

Les discours de haine racistes tenus par des dirigeants politiques aux États-Unis — y compris le Président — conjugués à l’intensification des mesures de répression de l’immigration, ont engendré de graves violations des droits de l’homme, a averti cette semaine le Comité des Nations Unies pour l’élimination de la discrimination raciale (CERD).

Il s’est dit profondément préoccupé par le recours croissant à un langage dénigrant et déshumanisant, ainsi que par la diffusion de stéréotypes négatifs et préjudiciables à l’égard des migrants, des réfugiés et des demandeurs d’asile.

« Le fait que des responsables politiques et des personnalités publiques influentes au plus haut niveau, en particulier le Président, les dépeignent comme des criminels ou comme un fardeau pourrait inciter à la discrimination raciale et aux crimes de haine », a déclaré le Comité dans un communiqué de presse.

Arrestations massives

Le recours systématique au profilage racial et aux contrôles d’identité arbitraires par les services de l’Immigration et des douanes (ICE) et par les services des douanes et de la protection des frontières (CBP) à l’encontre de personnes d’origine hispanique/latino, africaine ou asiatique a entraîné des arrestations massives de réfugiés, de demandeurs d’asile, de migrants et de personnes perçues comme tels.

Le Comité a également tiré la sonnette d’alarme quant au fait que la vie et l’intégrité physique de ces groupes vulnérables sont mises en péril par l’usage excessif de la force et de la violence de la part des agents des forces de l’ordre lors des opérations liées à l’immigration.

Depuis janvier 2026, au moins huit personnes sont décédées au cours d’opérations menées par ICE ou alors qu’elles étaient placées sous sa garde. Parmi les victimes figuraient notamment des manifestants exerçant leur droit à la liberté de réunion pacifique et d’association, ainsi que des réfugiés, des demandeurs d’asile et des migrants en détention.

En outre, le Comité a dénoncé les décisions des autorités américaines d’abroger des directives et des politiques établies de longue date, qui limitaient les opérations de contrôle de l’immigration et les arrestations au sein et à proximité des écoles, des hôpitaux et des institutions religieuses.

Cette mesure, a-t-il averti, « empêche les migrants — en particulier les migrants sans papiers, les réfugiés, les demandeurs d’asile et les personnes perçues comme tels — d’accéder à des services essentiels tels que les soins de santé et l’éducation ».

Mesures discriminatoires

Le Comité des Nations Unies pour l’élimination de la discrimination raciale (CERD) s’inquiète aussi des récentes mesures discriminatoires, notamment le rejet automatique de toutes les demandes en instance présentées par des demandeurs d’asile originaires d’Afghanistan, le réexamen des demandes d’asile et d’immigration déjà approuvées émanant de ressortissants de 19 États entrés sur le territoire le 20 janvier 2021 ou après cette date, ainsi que la suspension du statut de protection temporaire pour les ressortissants de l’Afghanistan, du Cameroun, de l’Éthiopie, d’Haïti, du Honduras, du Myanmar, du Népal, du Nicaragua et du Soudan du Sud.

Le Comité demande aux États-Unis de procéder à un examen de leurs mesures législatives adoptées depuis janvier 2025, fondé sur les droits de l’homme, notamment en suspendant les opérations de contrôle de l’immigration — telles que les contrôles d’identité et les arrestations — au sein et aux abords des écoles, des hôpitaux et des institutions confessionnelles.

Il a par ailleurs appelé à définir clairement le profilage racial par les forces de l’ordre et à l’interdire explicitement lors des opérations de contrôle.

Il a en outre exhorté les autorités américaines à condamner publiquement la discrimination raciale et les discours de haine racistes, et à adopter des mesures immédiates pour mettre en place des alternatives à la détention fondées sur les droits de l’homme et ne privant pas de liberté, en particulier pour les enfants, les familles et les autres personnes en situation de vulnérabilité.

Le Comité pour l’élimination de la discrimination raciale

  • Le comité est un organe de l’ONU composé de 18 experts indépendants
  • Ces experts surveillent l’application de la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale (adoptée en 1965) par les États parties.
  • Basé à Genève, le comité examine les rapports périodiques des pays, émet des recommandations, gère des plaintes interétatiques et individuelles, et utilise des procédures d’alerte rapide pour prévenir la discrimination raciale.

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