Le 28 avril 2025, j’ai officiellement saisi le ministère de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat pour solliciter une audience afin de présenter mon ouvrage « Dans la Tête du Général Mamadi Doumbouya ». Ma demande a été enregistrée sous le numéro 1029. Deux mois plus tard, le 16 juin 2025, le chef de cabinet m’adressait un accusé de réception : « Vous serez contacté ultérieurement pour un rendez-vous avec Son Excellence Monsieur le Ministre. »
Depuis, le silence. Un silence long d’une année. Un silence lourd de mépris.
Dans un pays qui proclame valoriser ses intellectuels, pourquoi ceux qui produisent une réflexion, qui écrivent, qui analysent, sont-ils traités comme s’ils dérangeaient ? Pourquoi l’effort intellectuel, lorsqu’il est reconnu à l’international, devient-il invisible dans son propre pays ?
Écrire ce livre n’a pas été sans conséquences. J’ai subi insultes, attaques personnelles, piratage de mon compte WhatsApp. Parce que penser, parce que défendre une vision, parce que contribuer au débat national expose plus qu’il ne protège.
Pourtant, j’ai tenu bon, convaincu qu’un pays se construit aussi par ses idées. Mais que vaut une nation qui n’écoute pas ses plumes ? Que vaut une administration qui accuse réception… puis enterre les dossiers ? Que vaut un système où il faut des relations ou du bruit sur les réseaux sociaux pour espérer être entendu ?
Le plus douloureux n’est pas le refus. Le plus douloureux, c’est l’indifférence. Cette manière silencieuse de vous faire comprendre que votre travail ne compte pas. Que votre voix peut attendre. Toujours attendre.
On nous parle de mérite. On nous parle de patriotisme. On nous parle d’engagement. Mais sur le terrain, ceux qui réfléchissent, écrivent et défendent sont laissés à la porte, pendant que le vacarme, lui, trouve toujours un micro.
Ce que je réclame n’est ni privilège, ni faveur. Je réclame le respect dû au travail intellectuel. Le respect dû à un citoyen qui contribue, à sa manière, à la mémoire politique de son pays.
Aujourd’hui, je prends la parole. Non par colère, mais par dignité. Non pour attaquer, mais pour réveiller les consciences.
Parce qu’un pays qui fait taire ses penseurs prépare le silence de son avenir.
Demain sera un autre jour. Le moment est venu, c’est mon tour de prendre la parole.
*Billy KEITA, Auteur du livre intitulé : «Dans la Tête du Général Mamadi Doumbouya»*

